Repenser sa consommation de viande

L’impact écologique de la production animale

Pour aller plus loin dans la réduction de l’empreinte écologique de nos assiettes, on peut repenser notre régime alimentaire, surtout en ce qui a trait à nos apports en protéines. Que ce soit en choisissant de la viande issue de pratiques plus durables, ou en adoptant des pratiques comme le végétalisme, ces différentes approches visent à prendre conscience de son alimentation, entre autres pour des raisons environnementales. 

1. Connaître les impacts de la production animale

On vous fait donc ici un survol des impacts environnementaux de la production animale.

Qui dit impact sur les changements climatiques dit émissions non-naturelles de gaz à effet de serre (GES).

Les produits d’origine animale causent davantage d’émissions de GES que les produits d’origine végétale. Si vous observez le graphique ci-dessus, vous constaterez que la nourriture d’origine animale émet de 4,7 kg jusqu’à 70,6 kg de GES par kilogramme de production, tandis que les produits d’origine végétale ne produisent que de 0,4 kg à 3,6 kg! (1)

La production de viande constitue à elle seule 67% des émissions du secteur des produits d’origine animale (dont la production de lait et d’œufs). Les émissions de GES provenant des produits d’origine animale sont attribuables à:

  • l’élevage, qui inclut la culture et la transformation de la nourriture dont se nourrissent les animaux d’élevage;
  • la fermentation gastrique des ruminants (autrement dit, de leurs flatulences!);
  • le stockage et de l’utilisation du lisier composé essentiellement d’excréments;
  • l’abattage;
  • le stockage des produits animaux. (2)

Le pâturage pour les animaux d’élevage ainsi que la production de plantes pour nourrir les animaux nécessite beaucoup de terres arables fertiles. Plusieurs régions du globe subissent une réduction des forêts pour faire place à l’agriculture.

En fait, 10.9% de toutes les émissions de GES du secteur de l’élevage sont imputables à la déforestation liée à l’extension des cultures et des pâturages nécessaires à l’élevage (3). Dans le monde, le pâturage bovin est responsable de 38.5% de toute la déforestation (4). Ce pourcentage élevé s’explique entre autres par les pratiques agricoles de défrichement par brûlis et les feux de forêt qu’ils génèrent.

Alors que plusieurs estimations indiquent que la croissance des besoins en eau de l’agriculture d’ici 2050 est globalement insoutenable (5), l’eau est probablement l’une des ressources les plus en péril en raison de l’élevage.

Une étude démontre qu’il faut en moyenne 7900 L d’eau pour obtenir 1 kg de protéines carnées, alors que 1 kg de protéines végétales en requiert en moyenne 4650 L (6).  

L’élevage animalier ne fait pas que consommer beaucoup d’eau: il contribue aussi à sa contamination. L’élevage serait en fait la plus grande source de polluants dans l’eau, qu’on parle de déchets animaux, d’antibiotiques et d’hormones utilisés dans plusieurs productions, ou encore des produits chimiques, engrais et pesticides utilisés pour les cultures destinées au bétail (7).

La production de protéines animales en zones terrestres affecte les écosystèmes sauvages. En plus d’être affectée par la chasse excessive voire le braconnage, la faune sauvage terrestre peut être prise pour cible par des fermiers cherchant à protéger le bétail, ce qui eut affecter la population de prédateurs tels que les loups.

Dans les zones de production en zone aquatique, la forte demande de poisson cause la surpêche, soit un risque d’extinction pour des espèces destinées à la consommation humaine (par ex.: thon rouge de l’Atlantique), ou pour des espèces qui se retrouvent souvent dans les filets de pêche qui ne leur sont pas destinées, telles que les requins.

La culture aquacole peut entraîner la perte d’individus d’espèces domestiqués dans l’environnement, comme les poissons qui s’échappent des filets et peuvent non seulement transmettre des maladies aux espèces environnantes, mais aussi devenir une espèce envahissante. C’est le cas de la carpe du roseau. 

2. Revoir son alimentation

Choisir des protéines animales d'origine durable

Si l’on n’est pas encore prêt à se tourner à la réduction de sa consommation de viande, il est possible de faire des choix de consommation qui assurent une réduction des impacts sur l’environnement­.

Plus le circuit est court, moins de GES reliés au transport de la viande sont émis. La plus grande fraîcheur de la viande limite les besoins en agents de conservation. Enfin, la proximité vous permet de connaître plus facilement les producteurs et les conditions de la production, et donc de poser plus de questions!

Voici quelques logos de certifications qui se retrouvent sur les emballages des aliments et qui peuvent aider à faire des choix plus écologiques. Pour en savoir plus, consultez notre article dédié à ce sujet

Pour les produits d’origine sauvage (chasse et pêche), il importe de savoir si l’animal figure sur la liste d’espèces vulnérables à la surexploitation ou, au contraire, sur la liste d’espèces dont la consommation pose le moins de risques. Pour le poisson, vous pouvez vous référer à l’écoguide de la Fourchette Bleue pour les espèces locales ou Seafood Watch (en anglais) pour les espèces provenant d’alleurs. 

Certaines espèces animales requièrent plus de ressources que d’autres: la viande blanche (volaille), par exemple, produit moins d’émissions de GES par masse équivalente en comparaison avec la viande rouge. 

Ceci peut comprendre, entre autre, faire le choix de produits provenant d’animaux élevés en pâturage ou en liberté. 

Un pâturage naturel avec rotation des cultures peut limiter l’impact sur l’écosystème, voire permettre à un écosystème de prairies de poursuivre son rôle de captation de carbone! 

Ceci permet de sélectionner les élevages nourris à l’herbe, ou, dans le cas de la volaille, au grain, dont la production ne nécessite pas de déforestation ou d’occupation de terres arables excessive. On peut aussi privilégier les fournisseurs qui donnent une nourriture plus diversifiée, ce qui suggère des pratiques agricoles plus durables que la monoculture. Il en est de même pour les productions aquacoles. La limitation d’antibiotiques permet de réduire la contamination des cours d’eau par les effluents des élevages.

Privilégier des protéines d'origine végétale

Si on est prêt à réduire sa consommation de viande, il est possible de faire des choix de consommation de protéines végétales de manière progressive.

Les impacts de la production d’aliments d’origine végétale sont généralement moindres en comparaison avec ceux mentionnés précédemment. Il est possible d’augmenter graduellement la proportion d’aliments d’origine végétale dans votre assiette, que ce soit en employant des susbtituts de protéines animales ou en privilégiant des plats qui sont à l’origine végétaliens. 

Le mouvement du Lundi sans Viande permet de se familiariser aux repas végétariens ou végétaliens sans avoir à s’engager définitivement. Choisir le lundi peut aussi encourager à maintenir l’habitude pour le reste de la semaine. Le site Web de la branche québécoise du mouvement fournit des ressources sur les restaurants qui participent au mouvement ainsi que des idées de recette à essayer. 

Il existe de très nombreuses façons de remplacer un produit d’origine animale par un substitut végétal selon le goût ou la texture recherchée. Le guide canadien de l’alimentation fournit, par exemple, une liste non exhaustive d’aliments protéinés d’origine végétale. Référez vous à notre article sur l’empreinte écologique alimentaire afin de connaître les choix éco-responsables possibles.

Repenser son alimentation ne se fait pas forcément du jour au lendemain, et de nombreuses personnes qui posent un petit geste créent plus d’impact qu’une seule personne qui adopte un régime strict. Choisissez une des astuces mentionnées précédemment pour commencer et adaptez votre alimentation par la suite. 

À titre de rappel, éviter le gaspillage des aliments que l’on consomme importe autant que de choisir les aliments en tant que tel. Référez vous à nos articles sur le gaspillage alimentaire pour en savoir plus. 

Sources : 

(1) Nations Unies (s.d.) Food and Climate Change: Healthy diets for a healthier planet Disponible au lien suivant: https://www.un.org/en/climatechange/science/climate-issues/food#:~:text=Animal%2Dbased%20foods%2C%20especially%20red,carbon%20dioxide%20stored%20in%20forests.
(2) Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) (2023). Pathways towards lower emissions: A global assessment of the greenhouse gas emissions and mitigation options from livestock agrifood systems. Disponible au lien suivant:  https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/a06a30d3-6e9d-4e9c-b4b7-29a6cc307208/content
(3) Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) (2023). Pathways towards lower emissions: A global assessment of the greenhouse gas emissions and mitigation options from livestock agrifood systems. Disponible au lien suivant:  https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/a06a30d3-6e9d-4e9c-b4b7-29a6cc307208/content
(4) Food and Agriculture Organization of the United Nations. (2022). FRA 2020 Remote Sensing Survey. Disponible au lien suivant: https://www.fao.org/forest-resources-assessment/remote-sensing/fra-2020-remote-sensing-survey/en
(5) Food and Agriculture Organization of the United Nations (2015).Towards a Water and Food Secure Future. Disponible au lien suivant: http://www.fao.org/3/a-i4560e.pdf
(6) Mekonnen, M. M., et Hoekstra, A. Y. ( 2012) A Global Assessment of the Water Footprint of Farm Animal Product. Disponible au lien suivant: https://waterfootprint.org/media/downloads/Mekonnen-Hoekstra-2012-WaterFootprintFarmAnimalProducts.pdf
(7) Food and Agriculture Organization of the United Nations (2006) Lifestock’s Long Shadow. Disponible au lien suivant:  http://www.fao.org/docrep/010/a0701e/a0701e.pdf