L’état du gaspillage alimentaire

Au Canada, c’est 58% de la nourriture qui est jetée tout au long de la grande chaîne allant de la production à la consommation. Une part importante de ce gaspillage est inévitable (os, coquilles d’œufs, etc.), mais le gaspillage d’au moins 11,2 millions de tonnes de nourriture pourrait être évité.

Les citoyens-nes ont surtout et avant tout le pouvoir de limiter le gaspillage alimentaire domestique. En effet, on chiffre à 2,2 millions de tonnes la quantité d’aliments gaspillés à la maison au Canada.

En tout, c’est 63% de la nourriture jetée par les ménages canadiens qui aurait pu être consommée! (1)

Mais, pourquoi est-ce un problème ?

La production « inutile » ainsi que l’enfouissement ou l’incinération de toute cette nourriture gaspillée émettent une très grande quantité de gaz à effet de serre (GES). À titre comparatif, selon RECYC-QUÉBEC, si le gaspillage alimentaire était un pays, il se trouverait au 3e rang des plus gros émetteurs de GES, après la Chine et les États-Unis.

De plus, la production de toute cette nourriture requiert des ressources qui sont donc elles aussi gaspillées. Par exemple, le quart de l’eau utilisée en agriculture sert à la production d’aliments gaspillés. En termes de superficie agricole, c’est l’équivalent de la surface du Canada et de l’Inde combinés qui sert à produire de la nourriture qui sera jetée! (1)

La réduction à la source et la réutilisation : trucs et astuces

Que peut-on faire face à cette problématique? La première étape dans la lutte au gaspillage alimentaire, c’est de le minimiser! Qu’y a-t-il de plus écologique qu’un déchet qui n’a jamais été produit? Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec vous propose un petit questionnaire afin d’identifier quel type de consommateur-trice vous êtes, et vous donne des conseils en lien avec vos habitudes! Accédez au questionnaire ici

Nous vous proposons aussi une liste non exhaustive de trucs et astuces faciles pour réduire à la source et réutiliser vos résidus alimentaires, et ainsi éviter leur passage au compostage :

Réduction à la source :

  • Planifier les repas de la semaine
  • Faire une liste d’épicerie et s’y limiter
  • N’acheter que les quantités nécessaires à une recette
  • Optimiser la conservation dans votre frigo :

Réutilisation :

  • Réutiliser les restants pour les lunchs
  • Diviser en portions et congeler les restants qui ne seront pas consommés avant leur péremption
  • Congeler les ingrédients excédentaires tels que le yogourt, le pesto, la pâte de tomates, le café ou le vin pour des recettes futures
  • Congeler ou utiliser les fruits mûrs pour faire des smoothies, tartes ou compotes
  • Utiliser les légumes défraîchis et les pelures pour des bouillons, soupes, potages ou sauces

La valorisation : limiter les conséquences

Évidemment, même lorsqu’on réduit les pertes, il demeure toujours des résidus alimentaires que l’on doit jeter. Pour limiter les conséquences du gaspillage alimentaire domestique, il est important de disposer les résidus alimentaires dans le bac qui leur est dédié : le bac brun!

Effectivement, lorsque les résidus alimentaires sont envoyés dans les sites d’enfouissement plutôt qu’au centre de compostage, leur décomposition se produit en l’absence d’oxygène, générant de grandes quantités de méthane, un puissant GES.

Leur décomposition dans un centre de compostage évite cette production de méthane, puisque les piles de résidus alimentaires sont brassées et que la décomposition se fait en présence d’oxygène. De plus, on en fait du nouveau compost, permettant donc à nos restants de retourner à la terre!

Et voilà! Évidemment, l’important n’est pas de cesser la production de résidus alimentaires dès demain, mais plutôt de cumuler les petits gestes pour éviter le plus possible de gaspiller. S’informer et s’outiller face au gaspillage alimentaire, c’est déjà faire un grand pas dans la bonne direction!