Le cycle de vie des aliments et leur empreinte écologique

De la ferme à l’assiette, quel impact a mon alimentation?

Que représente chaque étape de cette petite animation? Qu’est qui influence l’effet de chaque étape sur l’environnement? Explications: 

Tout d’abord, les aliments doivent être produits. Il existe différents modes d’agriculture et chaque moyen de production a un impact sur l’environnement : le choix des engrais et pesticides, les techniques d’arrosage, la provenance des semences, la quantité de produits gaspillés directement à la ferme, etc.

Le type d'aliment

Les aliments d’origine animale présentent davantage de besoins d’énergie, d’eau et produisent davantage de GES. Ceci est dû, entre autres, au fait qu’il faut produire de la nourriture pour nourrir les animaux, ce qui demande bien plus de ressources et de transport que la production végétale directement prévue pour la consommation humaine.

Cependant, certaines cultures végétales sont également énergivores et présentent plus d’impact que d’autres: par exemple, la culture d’amandes, très grande consommatrice d’eau, aggrave le stress hydrique dans des milieux où l’eau se fait rare. (1)

Plus un aliment nécessite de pesticides, de fertilisants ou d’autres additifs pour sa production, plus le risque de contamination devient important. Il est possible de connaître certains de ces additifs en consultant la liste d’ingrédients. De plus, à titre d’exemple, le Environmental Working Group aux États-Unis publie une liste des fruits et légumes avec le plus haut taux d’exposition aux pesticides.

Les produits employés peuvent présenter plus ou moins de risques pour l’environnement. Par exemple, l’atrazine, un pesticide toujours vendu au Québec, cause la perturbation du système reproducteur des poissons et des amphibiens, ce qui compromet la chance de survie des espèces, incluant des espèces menacées comme la rainette faux-grillon de l’Ouest (2). Les impacts des pesticides sur la santé sont également très bien documentés. (3).

  • Si la culture ou l’élevage est peu adapté au milieu ou au climat, davantage de pratiques et de produits qui perturbent l’environnement peuvent être utilisés. C’est le cas de la culture du café au soleil, puisque les plants de café poussent traditionnellement à l’ombre en forêt.
  • Si le milieu est très sensible aux perturbations, les impacts seront plus importants que pour des aliments cultivées dans un écosystème plus résilient. Par exemple, les aliments produits près des étangs, qui sont vite contaminés ou asséchés, risquent de poser un impact plus important.

Le transport des aliments émet des gaz à effet de serre. Ainsi, plus l’aliment vient de loin, plus son transport a un impact négatif sur l’environnement, puisque les émissions de gaz à effet de serre engendrent les changements climatiques que l’on connaît aujourd’hui. Par exemple, une laitue importée du sud des États-Unis peut parcourir 2400 kilomètres avant d’arriver à Montréal! (4)

De plus, plus l’aliment va loin, plus il a besoin d’emballages et d’additifs pour permettre le maintien de sa qualité, qui consomment davantage de ressources et posent un risque de contamination de l’environnement. 

Carte illustrant quelques exemples de la provenance des aliments. Image tirée de Lavallée, 2015. (5)

Certains aliments sont transformés et emballés avant d’arriver en épicerie. On pense par exemple aux conserves, aux repas préparés, aux pâtes alimentaires, aux biscuits, etc.

L'emballage

L’emballage requiert l’utilisation de ressources et d’énergie pour produire du carton, du plastique ou du métal. Il peut être à usage unique ou réutilisable.

Au Québec, la majorité des emballages sont recyclables, et vous pouvez consulter l’outil Ça Va Où? pour en savoir plus. Cependant, certains emballages se recyclent plus facilement que d’autres et nécessitent moins de ressources afin d’être produits. Les canettes d’aluminium, par exemple, sont recyclées à un taux de 70% (6) au Québec, contrairement au taux de 10% enregistré pour les plastiques en général. (7) Ultimement, l’emballage avec le moins d’impacts écologiques est celui qui n’existe pas. 

La transformation des aliments en elle-même implique l’ajout d’intrants (ex: colorants, agents de conservation) et la consommation de ressources qui s’accroît plus le nombre d’ajouts d’additifs est requis. Une étude récente démontre qu’au Brésil, par exemple, les aliments ultra-transformés consomment au moins 10% plus d’eau que les aliments moins transformés (8).

Avec la multiplication des modèles d’épicerie, dont, entre autres, les épiceries zéro déchet et les épiceries en ligne, il existe une variation des types d’impact engendrées par les pratiques des lieux de distribution. 

Par exemple, il est estimé que les épiceries en ligne génèrent une certaine économie d’échelle en limitant les déplacements des résidents en voiture, et donc l’espace réservé au stationnement; elle génèrent cependant beaucoup plus de matières résiduelles via les emballages, et demeurent une source de GES plus importante qu’une épicerie qui dessert davantage une population qui se déplace à pied, en transport actif ou en transport en commun. (9)

De plus, on estime que les épiceries contribuent à 22% du gaspillage alimentaire au Québec (10). Certaines épiceries sont plus sensibilisées au gaspillage alimentaire que d’autres; les épiceries zéro déchet, comme leur nom l’indique, sont créées dans l’optique de réduire l’impact des emballages et du gaspillage alimentaire (11). Les commerces qui participent régulièrement à des initiatives de redistribution des invendus génèrent également moins de résidus alimentaires. (12)

La consommation est l’étape qui se produit dès l’achat de l’aliment. 

On peut diminuer son empreinte écologique en adoptant, par exemple:

C’est à cette étape qu’on peut revoir notre manière de consommer et réduire notre empreinte écologique. Bien évidemment, il faut le faire selon nos moyens et le temps que nous possédons. 

Pour en savoir plus, consultez:

  • l’article suivant sur les principes à adopter pour une alimentation plus écologique;
  • l’article suivant sur les pratiques de réduction du gaspillage alimentaire;
  • l’article suivant sur l’achat local;
  • l’article suivant sur le changement des habitudes alimentaires.

Environ un tiers des aliments produits dans le monde partent directement à la poubelle (13). Le calcul des impacts de ce gaspillage alimentaire doit aussi tenir compte de toute la pollution inclus dans les étapes précédentes du cycle de l’aliment et de son emballage.

Le gaspillage de certains aliments génère plus d’impacts que d’autres, Par exemple, bien que la viande et la volaille représentent 13 % des quantités d’aliments perdus ou gaspillés au Québec, cette catégorie équivaut à 59 % des émissions de GES de l’ensemble des aliments perdus ou gaspillés (14). 

Depuis plusieurs années, la quantité de matières résiduelles éliminée par les personnes qui résident au Québec augmente. On observe une hausse d’un peu plus de 8% entre 2018 et 2021. (15). Par conséquent, les sites d’enfouissement se remplissent. Par conséquent, il est indispensable de s’assurer de disposer des matières résiduelles dans les bons bacs : dans le bac vert pour les matières recyclables, dans le bac brun pour les résidus alimentaires, dans la poubelle pour les autres ordures (en dernier recours). Voici par ailleurs un rappel sur les matières à mettre dans le bac brun. 

On peut conclure que plus le cycle avant la consommation a d’étapes, plus ses impacts sont importants.

Sources :  
(1) Gerretsen, I. (8 avril 2019). 5 everyday foods that are making droughts worse. Disponible au lien suivant: https://www.cnn.com/2019/04/05/health/everyday-foods-water-drought-climate-intl/index.html
(2) Gouvernement du Canada (12 novembre 2021). Rainette faux-grillon de l’Ouest (Pseudacris triseriata) Grands Lacs, Saint-Laurent et du Bouclier canadien : évaluation des menaces. Disponible au lien suivant: https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-public-especes-peril/renseignements-connexes/evaluation-menaces-rainette-faux-grillon-ouest-pop-grands-lacs-saint-laurent-bouclier-canadien.html
(3) Institut national de la recherche scientifique. (29 novembre 2024). Maryse Bouchard: les risques des pesticides sur la santé.  Disponible au lien suivant: https://inrs.ca/actualites/maryse-bouchard-les-risques-des-pesticides-sur-la-sante/
(4) Équiterre. (2022). Kilométrage alimentaire. Disponible au lien suivant: https://www.equiterre.org/fr/ressources/fiche-kilometrage-alimentaireKilométrage alimentaire | Équiterre (equiterre.org)
(5) Lavallée, B. (3 septembre 2015). Célébrer les aliments du Québec tous les jours. Disponible au lien suivant: Célébrer les aliments du Québec tous les jours
(6) Laperrière, E. (19 octobre 2023). L’or gris vire tranquillement au vert. Disponible au lien suivant: https://www.lapresse.ca/affaires/portfolio/2023-10-19/aluminium/l-or-gris-vire-tranquillement-au-vert.php
(7) Ouimet, G. (29 juillet 2022). Seulement 10% de plastique recyclé au Québec. Disponible au lien suivant: https://www.24heures.ca/2022/07/29/la-plupart-du-plastique-que-vous-mettez-a-la-recup-est-jete-il-faut-changer-nos-habitudes
(8) Girard-Bossé, A. (18 février 2022). Les aliments ultra-transformés néfastes pour l’environnement. Disponible au lien suivant: https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-02-18/les-aliments-ultra-transformes-nefastes-pour-l-environnement.php
(9) Johnson, M. (10 octobre 2023). Est-il plus écologique de magasiner en ligne ou en magasin? Disponible au lien suivant: https://www.protegez-vous.ca/argent/est-il-plus-ecologique-de-magasiner-en-ligne-ou-en-magasin
(10) Durif, F. (2 août 2023). Le gaspillage alimentaire, encore un fléau dans les épiceries. Disponible au lien suivant: https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/moteur-de-recherche/segments/chronique/451709/gaspillage-alimentaire-epicerie-nourriture-dechets
(11). Bertrand, C. (25 mai 2022). Et poussent les épiceries zéro déchet. Disponible au lien suivant:
https://ici.exploratv.ca/blogue/epiceries-zero-dechet-vrac-ecologie-alterrenative/
(12) Radio-Canada. (24 juillet 2023). 15 tonnes d’aliments redistribués aux refuges grâce à une application anti-gaspillage. Disponible au lien suivant: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1998193/insecurite-alimentaire-nourriture-gaspillage-application-livraison
(13) Programme des Nations Unies pour l’environnement (2024). UNEP Food Waste Index Report 2024 Key Messages. Disponible au lien suivant:  https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/45275/Food-Waste-Index-2024-key-messages.pdf?sequence=8&isAllowed=y
(14) Recyc-Québec (2024). Prévenir le gaspillage alimentaire. Disponible au lien suivant: https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/citoyens/mieux-consommer/gaspillage-alimentaire
(15) Recyc-Québec. (2021). L’élimination. Disponible au lien suivant. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/bilan-gmr-2021-elimination.pdf
La nature du produit

Les aliments d’origine animale présentent davantage de besoins d’énergie, d’eau et produisent davantage de GES. Cependant, certaines cultures végétales sont également énergivores et présentent plus d’impact que d’autres: par exemple, la culture d’amandes, très grande consommatrice d’eau, aggrave le stress hydrique dans des milieux où l’eau se fait rare.

Plus un aliment nécessite de pesticides, de fertilisants ou d’autres contaminants potentiels pour sa production, plus le risque de contamination devient important. À titre d’exemple, le Environmental Working Group aux États-Unis publie une liste des fruits et légumes avec le plus haut taux d’exposition aux pesticides.

Les produits employés peuvent présenter plus ou moins de risques pour l’environnement.

L’emballage constitue également une source de matières introduites au cycle de vie de l’aliment; une grande partie des emballages est constituée de plastiques, non biodégradables et dont la production émet des GES et des contaminants chimiques.

  • Si la culture ou l’élevage est peu adapté au milieu ou au climat, davantage de pratiques et de produits qui perturbent l’environnement peuvent être utilisés. C’est le cas de la culture du café au soleil, puisque les plants de café poussent traditionnellement à l’ombre en forêt.
  • Si le milieu est très sensible aux perturbations, les impacts seront plus importants que pour des aliments cultivées dans un écosystème plus résilient. Par exemple, les aliments produits près des étangs, qui sont vite contaminés ou asséchés, risquent de poser un impact plus important.

La distance parcourue par les produits avant d’arriver dans notre assiette varie considérablement d’un produit à l’autre. Des fruits exotiques peuvent faire plus de kilomètres que de la viande locale, par exemple.

La distance parcourue par les produits avant d’arriver dans notre assiette varie considérablement d’un produit à l’autre. Des fruits exotiques peuvent faire plus de kilomètres que de la viande locale, par exemple.

Le gaspillage alimentaire : environ un tiers des aliments produits dans le monde partent directement à la poubelle (2). Par exemple, bien que la viande et la volaille représentent 13 % des quantités d’aliments perdus ou gaspillés au Québec, cette catégorie équivaut à 59 % des émissions de GES de l’ensemble des aliments perdus ou gaspillés (1). Ce qui veut dire que le gaspillage alimentaire doit aussi tenir compte de toute la pollution inclus dans sa production. 

Afin de comparer l’empreinte des différents régimes alimentaires, nous vous invitons à consulter cet article par Clément Fournier : Végétarien, omnivore, bio, locavore : l’impact environnemental de notre alimentation décrypté